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LE POUVOIR DU MANTRA

Le dévoilement des codes secrets entre les divinités et les spectres


Chapitre II :
Tous les désastres se transforment en poussière

Un individu, nommé Sheng Ding, était chef mécanicien sur un bateau de pêche en haute mer.

Un jour où Sheng Ding était à Hong Kong, un ami l'invita à consulter un très célèbre diseur de bonne aventure, qui était habile en tieh-pan-shen-shu (divination prodigieuse sur planche de fer).

La tieh-pan-shen-shu nécessite de connaître l'année, le mois, le jour, l'heure, et notamment la minute exacte de la naissance. Si tous ces renseignements sont corrects, le résultat de la divination sera extrêmement précis.

Sheng Ding estimait que la divination prodigieuse sur planche de fer révélée par Shao Kang-jie était étonnante !

Le diseur de bonne aventure examina le destin de Sheng Ding. Il révéla que son père était né une année du dragon, sa mère une année du singe, et qu'il avait trois frères aînés et une sœur cadette. Tout cela était vrai.

Le diseur de bonne aventure annonça aussi que la mère de Sheng Ding était décédée quand il avait dix ans. Cette révélation stupéfia Sheng Ding, car il avait exactement cet âge lorsque sa mère était morte de maladie.

Le diseur de bonne aventure parla du sort personnel de Sheng Ding. Sa vie dépendait de l'eau. Et Sheng Ding travaillait sur un bateau de pêche en haute mer.

À trente ans, il avait rencontré un ami, Xie, et son argent avait disparu. Or quand il avait cet âge, son ami Xie lui avait emprunté sept cent mille dollars taïwanais, et était parti sans les lui rembourser.

Le plus surprenant pour Sheng Ding, c'était que la divination prodigieuse avait indiqué qu'il avait une petite amie, Chang, et à combien se montait exactement sa rémunération mensuelle. Il en éprouva donc de la stupéfaction.

Finalement, le diseur de bonne aventure examina l'espérance de vie de Sheng Ding.
Il ferma la bouche n'osant articuler. Sheng Ding voulait savoir, il demanda d'un air pressant :

– À quel âge ?

– Il est inutile que vous le sachiez, répondit le devin.

– Longue ou courte, cela m'est égal, j'accepte ma vie avec joie ! notifia Sheng Ding.

Le diseur de bonne aventure insista pour ne pas la révéler. Sheng Ding se fâcha :

– Je l'ai déjà dit : cela m'est égal. Parce qu'il y a la naissance, il y a certainement la mort ; longue ou courte, la vie ne peut être mesurée ; il n'est pas certain que la longévité soit une bonne chose. Je voudrais absolument savoir aujourd'hui. Si vous ne me mettez pas au courant, je ne sortirai pas de votre cabinet de consultation.

Le diseur de bonne aventure se trouva embarrassé.

Et Sheng Ding insista encore.

Finalement, le devin sortit le livre La Divination prodigieuse sur planche de fer de Shao Kang-jie, l'ouvrit, et demanda à Sheng Ding de regarder un article. Cet article était ainsi consigné : “À trente-sept ans, la fin de la vie.”

– Trente-sept ! Sheng Ding fut sous le choc.

Ce damné trente-sept ans, Sheng Ding avait actuellement trente-cinq ans, il ne pourrait vivre encore que deux années. D'après l'exactitude de la divination pratiquée par ce diseur de bonne aventure, il semblait que sa vie prendrait inévitablement fin à cet âge. Bien qu'il ait dit que cela lui fût égal, son cœur était cependant agité et tourmenté.

Sheng Ding demanda :

– Y a-t-il une solution ?

– Tout est déterminé par le Ciel, mais l'accumulation de bons mérites permet de changer le destin. Je suis incapable de vous aider !

– Faire de la bienfaisance ?

– C'est exact.

– Comme l'histoire des quatre exaucements de Liao-fan !

Sheng Ding avait lu le livre Quatre Exaucements de Liao-fan.

– À peu près !

– Il n'y a que deux ans pour changer mon destin, est-ce que je peux y arriver à temps ?

Le diseur de bonne aventure se contenta de sourire, ne voulant pas répondre.

– Y a-t-il sur la terre quelqu'un qui est capable de changer mon destin ?

Le diseur de bonne aventure répondit :

– D'après ma connaissance, la divination prodigieuse de M. Shao est fort précise. Il existe bien des cas de changement du destin, mais, peu nombreux. Vous pouvez rechercher une certaine personne pour lui demander s'il est en mesure ou non de le modifier !

– Qui est-ce ?

– Le bouddha vivant Lian-sheng, Sheng-yen Lu.

– En est-il capable ?

– Essayez-le !

*

Lorsque Sheng Ding m'avait rendu visite, il n'avait pas mentionné sa consultation du sort par la “divination prodigieuse sur planche de fer”, à Hong Kong. Il m'avait seulement demandé d'évaluer la durée de sa vie.

Je dis :

– En ce qui concerne la durée de la vie, je n'en fais la supputation pour personne !

– Pourquoi ? Le mariage, la richesse, les enfants, la prospérité, le bonheur, la longévité, les événements heureux, tout peut être prophétisé, n'est-ce pas ?

– Ce n'est pas inexact de dire cela, mais, pour l'estimation de la durée de la vie, si il y a mort prématurée, les gens seront frappés d'effroi, de panique. Pour éviter un tel accident, je ne l'applique donc pas.

– Pourriez-vous faire exception ? supplia Sheng Ding.

– Non.

Sheng Ding continua :

– Eh bien, l'âge est évidemment constitué de deux chiffres, vous pourriez aller jusqu'à déterminer le dernier chiffre de l'âge plutôt que le premier !

Je réfléchis et réfléchis encore, puis j'estimai que cela pourrait aller, car le dernier chiffre ne peut représenter la longue ou courte durée d'une vie, il se montre d'ailleurs plutôt insignifiant. Cependant, je ne compris pas pourquoi Sheng Ding me demandait de deviner ce dernier chiffre.

Je supputai une bonne fois.

Je notai un numéro : “Sept”.

Sheng Ding regarda le chiffre “sept” et dit :

– Que c'est précis ! C'est exactement ce chiffre “sept”.

À ce moment-là, Sheng Ding me révéla qu'il avait consulté à Hong Kong la tieh-pan-shen-shu, dont le résultat était “À trente-sept ans, la fin de la vie”. Sheng Ding voulait savoir la méthode pour “changer la courte durée de la vie en longévité” et me demanda si je pouvais lui changer son destin !

Je dis :

– Je vais essayer !

J'entrai en méditation.

Dans la méditation, je vis un Avalokitésvara portant une robe céleste et blanche. Cet Avalokitésvara était merveilleusement majestueux, tenant une fiole pure et une tige de saule, d'un air aisé et joyeux. Le bodhisattva me dit :

– Il vous suffit de recommander à Sheng Ding de réciter vingt fois par jour le “mantra efficace et prodigieux du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche”, je le seconderai et le protégerai. Vous n'avez pas besoin de lui apprendre comment le réciter, il connaît bien ce mantra.

Je sortis de la méditation et dis à Sheng Ding :

– Vous savez réciter le mantra.

– Sans blague !

– C'est le bodhisattva qui l'a dit !

– Il s'est moqué de vous ! Je n'ai jamais récité un quelconque mantra dans ma vie présente.

J'expliquai :

– Un bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche m'a dit que vous saviez réciter le “mantra efficace et prodigieux du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche” !

– Ah ! dit-il avec un soubresaut.

Sheng Ding me raconta cette histoire : sa tante était décédée depuis environ dix ans. Lors de son agonie, elle avait offert à Sheng Ding un tableau représentant justement le bodhisattva Avalokitésvara, et à côté du bodhisattva s'inscrivait précisément le “mantra efficace et prodigieux du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche”. À l'époque, la tante de Sheng Ding lui avait appris d'une manière sérieuse à le réciter mot à mot. Sheng Ding avait bien retenu ce mantra, et sa prononciation était fort exacte. Sa tante lui avait fait savoir : “Ce tableau au mantra de ce bodhisattva est considéré et adoré depuis très longtemps ; sa récitation doit durer toute la vie, il est très efficace et prodigieux, il ne faut pas l'abandonner.”

Sheng Ding conserva précieusement ce tableau et récita pendant un moment le mantra. Plus tard, sa tante mourut, alors le tableau fut décroché et mis en dépôt. Ainsi la récitation de ce mantra était interrompue depuis longtemps.

Je dis à Sheng Ding :

– Raccrochez vite le portrait du bodhisattva.

– Oui.

– Récitez vingt fois par jour le “mantra efficace et prodigieux du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche”.

– Oui.

– Avez-vous besoin que je vous l'apprenne ?

– Non. Je le garde encore en mémoire !

Sheng Ding pouvait même le transcrire sur-le-champ :

Hommage au grand miséricordieux et grand compatissant bodhisattva Avalokitésvara noblement efficace et prodigieux qui secourt les gens de la souffrance et de l'infortune. (Trois fois.)
Hommage aux bouddhas.
Hommage au dharma.
Hommage aux sangha.
Hommage au bodhisattva Avalokitésvara qui secourt les gens de la souffrance et de l'infortune.
Tadyata Om Garavata Garavata Gahavata Ragavata Ragavata Svaha.
Le dieu du ciel.
Le dieu de la Terre.
L'être humain se délivre de l'infortune.
L'infortune s'éloigne du corps.
Tous les désastres se transforment en poussière.
Namo Mahâ-prajñâ-pâramitâ.

Lorsqu'il rentra à la maison, Sheng Ding accrocha le saint portrait du bodhisattva, et l'adora avec beaucoup de révérence. Avant la récitation journalière, il se lavait les mains, brûlait de l'encens et se prosternait devant le tableau ; après quoi il commençait à réciter le mantra.

Après la récitation, il articulait même les vers de dédicace :

Je souhaite la suppression des Trois Entraves et de tous les ennuis.

Je souhaite obtenir la sagesse et l'Illumination véritable.

Je souhaite universellement la suppression totale des obstacles venant du karma.

Je marcherai sur la voie du bodhisattva vie après vie.

Sheng Ding ajoutait ce propos dans sa pratique : “Bodhisattva Avalokitésvara, veuillez me protéger de la fatalité, m'offrir une longévité et des auspices favorables !”

Chez lui, il pouvait réciter le mantra de façon régulière. Cependant, en tant que mécanicien en chef sur un bateau de pêche en haute mer, Sheng Ding passait la plupart de son temps loin de sa maison. Il avait donc décidé d'afficher dans un coin de sa cabine une photo du bodhisattva Avalokitésvara, il le vénérait comme d'habitude et récitait le mantra avec respect, sans jamais s'interrompre.

Ses collègues se moquaient de lui :

– Superstitieux.

– Insensé.

– Il a perdu la tête.

Mais Sheng Ding n'y prenait pas garde.

En dehors de cela, si une occasion se présentait, il s'efforçait de faire le bien.

*

Un jour, Sheng Ding avait alors trente-sept ans, son bateau de pêche était ancré à Hawaï et devait partir le lendemain pour Guam. Mais il eut soudain le soir même une douleur horrible du ventre.

Il fut transporté à l'hôpital en urgence. Le résultat du diagnostic était une colopathie aiguë, et il lui fallait une intervention chirurgicale immédiate. Alors, Sheng Ding fut hospitalisé à Hawaï et subit une opération.

Le bateau de pêche, qui devait suivre son programme, ne put l'attendre et appareilla sans lui ; il le rejoindrait après sa guérison.

Alors, le bateau de pêche partit pour Guam et rencontra une tempête. Il sombra et aucun membre de l'équipage n'en réchappa malgré les hélicoptères et les bateaux envoyés à leur secours par l'armateur.

À cause de la colopathie aiguë, Sheng Ding était resté à Hawaï pour subir une intervention chirurgicale. Il ne s'était pas embarqué dans le bateau et il était donc le seul qui échappait à ce naufrage.

Plus tard, Sheng Ding retourna à Hong Kong et rencontra le diseur de bonne aventure qui pratiquait la “divination prodigieuse sur planche de fer”. Il lui dit :

– Votre divination qui s'inspire de Shao Kang-jie n'est plus vraie !

Le diseur de bonne aventure fut étonné :

– Quelle en est la raison ?

– J'ai seulement récité le “mantra du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche” !

Le devin répondit :

– Le “mantra du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche” est effectivement très efficace et prodigieux. Je voudrais aussi le réciter moi-même !

Depuis cet événement, Sheng Ding croyait profondément en bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche. Il savait qu'il est miséricordieux, qu'il porte secours aux gens souffrants et exauce tous les vœux, qu'il suffit de lui faire confiance, de ne pas le mettre en doute, et de le prier avec sincérité, d'un seul cœur, pour obtenir un effet prodigieux. Plus tard, Sheng Ding se réfugia dans l'école du Vrai Bouddha.

J'appris à Sheng Ding à pratiquer la méthode des quatre cumuls, la méthode du gourou-yoga. Finalement, il prit le bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche comme déité principale de sa pratique.

Sheng Ding avait aussi de la compassion pour ses amis et collègues du bateau, qui avaient péri dans l'océan. Il récita cent deux mille fois le “mantra efficace et prodigieux du bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche”, et en dédia le mérite de sa récitation à l'équipage. Le soir même, Sheng Ding fit un rêve : il voyait le bateau naviguer à nouveau sur l'océan, avec tout autour de lui une cinquantaine d'oiseaux blancs, qui étaient apparemment venus lui faire une vénération avant de s'envoler l'un après l'autre. Lorsqu'il se réveilla, il estimait que l'âme de ses collègues du bord était sauvée par le bodhisattva Avalokitésvara en robe blanche, et que tous s'étaient déjà délivrés de l'océan de souffrance.

Ce fut :

La vénération matinale, le prosternement vespéral et la récitation du mantra s'appliquèrent diligemment.

Le bodhisattva Avalokitésvara entra fréquemment dans le rêve.

L'âme de tout l'équipage du bord fut sauvée.

L'affinité prédestinée du rassemblement porta secours aux collègues.


Les coordonnées de l'auteur :
Le bouddha vivant Lian-sheng,
Sheng-yen lu
17102 NE 40th Court
Redmond, WA 98052
U. S. A.

 



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